Episode 06 - Toutes les Traditions Ancestrales Sont-Elles Bénéfiques ?
Bienvenue dans ce nouvel épisode de la Voix des Chamans.
Toutes les Traditions Ancestrales sont-elles Bénéfiques ?
Je suis absolument passionnée de traditions ancestrales, j’adore savoir ce que faisaient les anciens de différentes cultures pour mieux comprendre nos traditions et pratiques, découvrir des pépites, mieux comprendre et combler les vides qui ont été laissés par la rupture des transmissions.
Mais il y a tout un tas de pratiques et traditions qui ne sont pas à perpétuer, qui ne sont pas bénéfiques, qui ne sont PAS connectées à la lumière ou qui ne sont tout simplement pas ou plus adaptées.
Parfois le monde a tellement évolué et les énergies aussi, que certaines pratiques sont obsolètes.
Il y a d’autres traditions qui sont liées à un lieu spécifique de la planète et qui ne sont pas adaptées ailleurs. Et encore d’autres qui font partie d’un héritage culturel et dont tout ou partie n’est pas à sa place en dehors de ce contexte culturel et des pratiques du peuple dont elles proviennent. Aller récupérer des pratiques de l’autre bout du monde parce que c’est exotique, cela ne fait aucun sens et ce n’est pas forcément ce qui sera efficace.
Il faut aussi se rappeler que ce que l’on considère « ancien » est parfois plus récent que ce dont on a l’impression.
A l’échelle de l’humanité, le chamanisme et les traditions ancestrales remontent à des millénaires. Ce qui se faisait il y a quelques siècles est relativement récent même si cela nous parait loin.
Il y a quelques siècles, de nombreuses traditions avaient aussi déjà été éteintes ou avaient subi une forte rupture dans leur transmission et par conséquent de nombreuses potentielles modifications, interprétations voire inventions.
Et je ne parle même pas des problèmes de traduction.
Si tu es tenté(e) de te laisser influencer et si quelqu’un te dit qu’une tradition est bonne et incontestable parce qu’elle est ancestrale, rappelle-toi que l’excision est parfois considérée comme une tradition ancestrale.
Lors d’un festival annuel thailandais, il y a une tradition ancestrale qui est perpétuée par les médiums là-bas et qui est de se percer la peau pour communiquer avec les Dieux. Je ne sais pas toi, mais moi personnellement ça ne me tente pas particulièrement.
Ce n’est pas parce que l’amiante était utilisée traditionnellement qu’il faut continuer.
Ce n’est pas parce que dans certaines cultures, on apprenait aux jeunes garçons à sauter au-dessus des buffles pour marquer leur entrée dans l’âge adulte, au risque d’être encorné, qu’il faut le faire aujourd’hui.
Tradition ancestrale ne veut pas dire Vérité ni universalité.
Et c’est un mot qui peut regrouper énormément de pratiques différentes.
Ce n’est pas parce que c’est ancien que c’est juste et adapté pour tous et dans toutes les situations.
Comme pour tout, cela demande du discernement, d’aller au-delà des mots de vocabulaire et de ne pas se laisser conditionner.
Pour savoir si une tradition ancestrale est alignée et bénéfique pour toi et comment l’utiliser ou l’adapter, cela demande de comprendre pourquoi les anciens faisaient ce qu’ils faisaient et de la façon dont il le faisaient.
Les enseignements des Anciens sont précieux et nous donnent tout un tas de pistes d’exploration par rapport à des choses que l’on pressent, des souvenirs ou impressions qui peuvent remonter de nos mémoires. Cela nous permet d’avoir plus de profondeur, de précision, de détails et de finesse dans nos pratiques.
Mais connaître les traditions ancestrales et les pratiques de nos ancêtres, ce n’est pas pour répéter exactement les mêmes choses.
C’est plutôt pour être informé, bâtir sur des bases solides, ne pas réinventer la roue ni construire sur du sable.
Et se poser la question de ce qu’on veut garder ou non.
Il est beaucoup plus facile ensuite d’adapter, de modifier, de moderniser sans perdre les éléments importants, l’âme de nos pratiques, leur efficacité et leur sécurité.
Je vais te raconter une petite anecdote personnelle, un jour lors d’un voyage chamanique, j’ai connecté avec une de mes ancêtres d’Europe de l’Est, pour savoir ce qu’elle utilisait comme pratiques ancestrales, quelle était sa façon d’utiliser le chamanisme.
Et pour elle, pour ses pratiques, il fallait couper la tête d’un poulet. Autant te dire, que je ne me vois pas utiliser les mêmes pratiques.
C’était adapté de son temps, dans sa vision, mais aujourd’hui on peut faire les choses différemment, et heureusement.
De la même façon, j’ai eu des informations sur des pratiques que j’utilisais dans d’autres vies, notamment une en Amérique du Nord, avec des peintures sur le visage, qui ne sont pas forcément les plus adaptées non plus dans la vie de tous les jours. Je ne me vois pas vraiment sortir comme ça dans ma vie actuelle.
Donc j’adapte. J’observe le but énergétique de ses pratiques, ce qu’elles créent, d’où elles viennent, et je travaille avec mes guides pour trouver une autre façon de faire, qui remplit le même but, qui fonctionne au niveau énergétique, mais sans couper la tête d’un poulet et sans sortir avec de la peinture sur le visage.
Mon ancêtre d’Europe de l’Est n’était pas du tout une mauvaise personne. A l’époque les sacrifices animaux étaient monnaie courante, les gens ne savaient pas forcément comment utiliser l’énergie différemment et les énergies étaient beaucoup plus denses. Ils avaient les pratiques qui correspondaient à leur époque, à leur niveau de conscience, à ce qui était disponible.
Et il y avait aussi des personnes qui touchaient à des choses peu recommandables.
Les anciens vivaient parfois dans des époques troublées, dans des lieux où il se passait tout un tas de choses, dans des énergies bien plus basses que les nôtres.
Il ne faut pas oublier le nombre de conflits et de nombreuses situations compliquées que nos ancêtres ont vécus.
Certains ont connecté avec des énergies douteuses et avaient des pratiques qui n’étaient pas connectées à la Lumière.
Il y avait parfois beaucoup de peurs, de manipulations, de superstitions. Certains ont aussi utilisé ces pratiques pour se défendre. Mais tous ne savaient pas non plus à quoi ils connectaient.
Récupérer n’importe quelle pratique ancestrale sans discernement, sans réflexion, sans validation des Guides, peut être dangereux.
L’énergie manipulée sans précaution peut brûler. Les portes ouvertes sans savoir où elles mènent peuvent conduire à un précipice.
Suivre aujourd’hui à la lettre des traditions ancestrales qui viennent d’une époque, d’une culture ou d’un lieu qui n’ont rien à voir avec notre quotidien, peut être totalement inadapté voire dangereux. Car les circonstances dans lesquelles ces traditions sont nées peuvent être à l’opposé de ce que l’on vit aujourd’hui.
Se vanter d’utiliser des pratiques soit-disant pures et non modifiées (ce qui n’existe pas de toute façon) ne fait pas forcément plus de sens que d’utiliser quelque chose inventé de toutes pièces ou modifié sans savoir ce qu’on fait.
Les extrêmes sont toujours douteux. Le but est de trouver un équilibre, en conscience.
Cela demande des connaissances, de la réflexion, des essais dans un cadre sécurisé, pour construire quelque chose qui est efficace, adapté et sans danger.
Beaucoup de gens pensent qu’ils sont professionnels suite à un stage de 3 jours où on leur a transmis des soit-disants traditions ancestrales de l’autre bout du monde, ou qu’ils sont chamans parce qu’ils ont un tambour. Mais le minimum chez les anciens était souvent d’au moins 10 ans de formation et de pratique.
Les anciens passaient leur vie a apprendre, ils y consacraient littéralement leur vie, pas un week-end.
Ils suivaient souvent un maître depuis leur plus jeune âge, parfois en allant vivre de nombreuses années avec ce maître, pour qu’il leur transmette son expérience et ses apprentissages.
Personne ne devient un bon professionnel en quelques jours ou en lisant des articles sur internet.
Cela demande un apprentissage, une compréhension et une expérience approfondis, pas de répéter mécaniquement des protocoles soit-disant ancestraux.
Avant, dans tous les domaines, les jeunes étaient formés par les anciens qui leur transmettaient leur savoir.
Ils prenaient le temps d’apprendre. Ensuite, chacun adaptait, personnalisait et affinait ce qu’il avait reçu avec l’évolution des techniques, des matériaux, des connaissances, des besoins et de leur propre style et créativité.
C’est exactement la même chose en spiritualité, en chamanisme et avec les traditions ancestrales.
Il est temps de retrouver une compréhension solide des bases, une reliance avec nos ancêtres, ainsi qu’avec nos autres vies, la nature et une mise en perspective avec nos expériences et notre réalité.
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise tradition, il n’y a pas une tradition qui soit meilleure qu’une autre. Mais il y a des traditions plus ou moins adaptées à certaines personnes, situations, lieux, époques, besoins…
Que tu utilises des traditions en les modifiant ou sans les modifier, il est primordial de savoir POURQUOI.
C’est en comprenant ce qui sous-tend une tradition qu’on peut savoir ce qui nous correspond ou pas, ce qui doit être maintenu et ce qui doit être modifié pour avoir un résultat efficace et un procédé adapté et sécurisé.
Tout ce qui est ancien et tout ce qui vient de l’autre bout du monde n’est pas forcément juste et encore moins bénéfique ni nécessaire.
Il y a de tout, partout. La première chose à apprendre c’est le discernement, qui vient avec l’observation et la réflexion.
As-tu déjà vu un homme ou une femme-médecine d’Amérique du Nord qui vit dans une région chaude et quasi-désertique, qui va tout d’un coup utiliser les pratiques, les mots et les costumes des chamans de Sibérie ? As-tu déjà vu un Inuit utiliser les pratiques des Massai ?
Pourquoi un européen de lignée celte qui vit en France irait utiliser des pratiques du fin fond de l’Amazonie ou de la Mongolie ?
Oui il peut y avoir des choses intéressantes, cela peut permettre de mieux comprendre, de tester différentes façons de faire pour trouver la sienne, où de reconnecter avec d’anciennes lignées ou des mémoires d’autres vies.
Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde et la plupart des gens ne l’abordent pas de cette façon.
Beaucoup vont juste suivre à la lettre des traditions avec lesquelles ils n’ont aucun lien, sans se poser la moindre question. Parce qu’ils ont vu une pub quelque part.
Si ça fait vraiment partie de ton parcours et que ça résonne en toi, tu vas sentir que ça résonne, qu’il y a quelque chose de profond. Mais demande-toi si c’est vraiment ça, si ça résonne vraiment. Pose-toi les questions.
Je t’encourage à suivre ton propre chemin. Pas celui tracé par un pseudo-grand-maitre, une chaine de télévision ou les actions marketing des uns ou des autres.
Tu portes les traditions ancestrales en toi. Tu les as pratiquées dans d’autres vies, tes ancêtres les ont utilisées, elles vivent dans tes mémoires, dans tes énergies et dans ton corps.
Il y en a des millions.
Et beaucoup d’entre elles ne sont dans aucun livre et ne sont transmises par aucun maître.
Et c’est là que tu touches à TA magie, aux choses uniques que tu portes en toi, à la création que tu es venu(e) mettre au monde.
Evidemment, cela ne veut pas dire qu’il faut tomber dans l’illusion et inventer n’importe quoi en disant qu’on les as canalisées.
Mais en écoutant ton intuition, en apprenant à communiquer avec tes Guides et avec tes ancêtres, à connecter avec tes autres vies, tu peux retrouver des éléments, tester différentes choses (dans un espace sécurisé et idéalement avec la guidance de quelqu’un d’expérimenté) et comparer aux informations que tu trouves à l’extérieur.
C’est toujours un travail de comparaison, de discernement et de mise en contexte pour comprendre et recréer, adapter. C’est une quête, c’est un approfondissement, pas un protocole appris en 48h.
Et si une soit-disant tradition ancestrale ne résonne pas en toi et ne correspond pas à tes expériences, laisse-la simplement de côté et cherche autre chose qui vibre pour toi.
Garde en tête que ce qui est transmis par un autre être humain, reste une transmission humaine.
Et même (et surtout) si cette personne se targue d’être un grand maitre ou un chaman, elle reste un être humain très limité, avec ses filtres, et qui ne détient absolument pas plus la vérité que toi.
C’est important d’avoir des enseignants humains qui te font bénéficier de leur expérience, qui peuvent te transmettre la sagesse gagnée par leurs apprentissages, et qui peuvent éclairer tes angles morts. Et d’avoir l’humilité d’apprendre de leur expérience.
Mais souviens-toi qu’ils restent de petits humains au même titre que toi. Ce n’est pas parce qu’ils ont plus d’expérience dans un domaine qu’ils sont des dieux. Ils sont sur le même chemin que toi.
C’est toujours une question d’équilibre.
Écouter et bénéficier de l’expérience des autres, sans les mettre sur un piédestal, et sans tomber dans l’excès inverse de l’arrogance, de penser que personne n’a rien à t’apprendre.
J’aime beaucoup le 5ème Accord toltèque qui illustre ça merveilleusement bien : « soit sceptique, mais apprend à écouter ».
C’est primordial d’avoir aussi ta propre connexion à tes guides en autonomie, de pouvoir aller poser des questions et de bénéficier d’enseignements qui viennent d’autres plans plus élevés.
Un enseignant humain peut t’aider à développer cette connexion pour recevoir des messages fiables, fluides et précis (parce qu’évidemment tous les messages ne sont pas bons et beaucoup de gens ne sont pas connectés à ce qu’ils croient).
Mais même si c’est important d’avoir un enseignant pour t’aider, le but est qu’une bonne partie des enseignements viennent ensuite de tes guides, de ton âme, de cette partie de toi qui est connectée à l’Univers.
Le chamanisme est comme la nature, il est vivant, vibrant et évolutif.
Lors de tes pratiques, tes guides vont te faire modifier des choses, vont te faire découvrir des choses, vont te transmettre des choses uniques, adaptés à tes énergies, tes objectifs, tes alliés.
Les traditions ancestrales sont un point de départ, mais elles ne sont jamais restées figées et elles ne sont pas faites pour rester figées.
Elles ont toujours évolué, été modifiées, enrichies, transformées.
Tes pratiques vont évoluer en même temps que toi, en même temps que tes besoins, tes énergies, les accès que tu vas avoir progressivement à de nouvelles choses, et aussi l’évolution des énergies de la Terre…
Tes pratiques chamaniques doivent te ressembler, résonner avec toi et être alignées avec la guidance de tes guides, qui sont, encore une fois, une partie de toi.
J’espère que cet épisode t’a aidé à voir les traditions ancestrales avec plus de recul et de souplesse, et t’aura peut-être donné envie d’en savoir plus et d’expérimenter pour petit à petit, retrouver les pratiques de TES ancêtres et TES autres vies, les adapter et aller vers la création de tes propres pratiques, tout aussi solides et profondes, et adaptées à tes énergies uniques.
A très vite dans le prochain épisode !