N’oubliez pas les autres

« – Salut, ça va ? »

– Pas vraiment… Mon chien a fait caca partout, j’ai une gastro, ma copine me prend la tête, mon boulot me gave, mon patron est un enfoiré, rien n’avance dans ma vie, j’ai acheté une nouvelle voiture qui est en réalité une épave je me suis fait roulé, encore une fois, tout va mal, je n’en sors plus de cette série noire c’est l’enfer, je déteste ma vie… »

Combien de fois avez-vous vécu cette histoire ? D’un côté ou de l’autre d’ailleurs…

Cela nous arrive à tous que, parfois, la personne en face de nous se lance tout-d’un coup dans une tirade pour se plaindre de sa vie. Et nous avons tous été parfois cette personne qui se plaint. Parfois à raison. Chacun de nous a des moments difficiles et ça fait du bien de vider son sac et de trouver une personne qui nous écoute.

Là où ça devient problématique, c’est quand il s’agit toujours de la même personne qui se plaint et que cette personne se plaint constamment en monopolisant la parole sans se préoccuper une seule seconde de son interlocuteur.

Avez-vous déjà remarqué le nombre de personnes qui se lamentent sur leur vie et qui s’attendent à ce qu’on les écoute, mais qui ne prennent pas une seule fois la peine de prononcer ces deux petits mots : « et toi ? ».

Comme si le fait d’avoir des difficultés empêchait l’autre d’en avoir. Evidemment, on est le plus malheureux de la Terre, l’autre va forcément bien.

Comment réagiriez-vous si la personne qui vous écoute patiemment vous lamenter sur votre vie catastrophique vous répondait : « moi j’ai un cancer en stade terminal, mon enfant est mort le mois dernier, je suis à la rue et je n’ai pas assez d’argent pour acheter à manger » ?

Vous vous sentiriez un peu con, non ? Excusez mon vocabulaire.

Et vous relativiseriez vos problèmes soi-disant terribles et insurmontables.

Sans aller jusque là (bien que parfois cela arrive), la personne qui vous écoute, et à qui vous ne prenez pas la peine de demander comment elle va, vit probablement elle aussi des difficultés.

Loin de moi l’idée de juger et de condamner les gens qui se plaignent, c’est sain et il est vital de le faire de temps en temps. Toutes les choses qui vous font souffrir ont de l’importance. Rien ne doit être considéré comme illégitime du moment que cela vous fait du mal, même si c’est juste l’odeur de votre voisine que vous croisez 5 secondes une fois par mois. Toute souffrance est une souffrance. Il n’y a pas de hiérarchie et de souffrance ayant plus de « valeur » qu’une autre.

Mais n’oubliez tout-de-même pas dans ces moments-là les deux petits mots : « et toi ? ».

N’oubliez pas que tout le monde a ses difficultés, même la personne qui paraît la plus heureuse du monde. Certains choisissent juste de les garder privées ou de relativiser et de se concentrer sur ce qui va bien. Mais tout le monde a son lot d’obstacles à surmonter et de leçons à apprendre. Vous n’êtes pas le seul à qui cela arrive.

Parfois regarder les autres, s’intéresser à ce qu’ils vivent de facile et de moins facile permet aussi de sortir de notre cercle vicieux de lamentation. Quoi de mieux pour arrêter de nourrir la rumination personnelle que d’écouter et d’aider les autres ?

Il ne s’agit pas de fuir ses problèmes ou d’aider les autres parce qu’on n’arrive pas à s’aider soi-même, ni de se sacrifier et de ne penser qu’aux autres en niant sa propre douleur.

Mais de prendre du temps pour se plaindre, ressentir la douleur, toucher le fond si on en a besoin pour rebondir, et ensuite de mettre sur pause de temps en temps, pour se consacrer aux autres.

Non seulement cela permet d’arrêter la torture mentale, de mettre une soupape de sécurité pour ne pas s’enfoncer (le mental peut se reposer un peu, la tête se vide pour être plus lucide, relativiser et retourner à ses difficultés plus tard avec plus de force pour les surmonter), mais cela permet aussi de donner aux autres, de faire circuler cette énergie de soutien et d’amour inconditionnel qu’on est tellement content de recevoir nous aussi quand on a besoin.

On a tous besoin d’amis, dans les bons comme dans les moins bons moments. Mais l’amitié va dans les deux sens.

Le Monde a besoin d’équilibre. Dans tous les domaines.

N’oubliez pas, même quand vous allez mal, de vous préoccuper un peu aussi des gens qui sont autour de vous. Ils ont peut-être autant besoin d’une épaule que vous.

Même, et surtout, dans les moments difficiles, n’oubliez pas de donner et d’aimer. Cela fait du bien aux autres et garde votre cœur ouvert pour laisser venir la guérison.

Soyez attentif à l’équilibre. C’est probablement une des clés du bonheur et en tout cas c’est le secret de l’harmonie.

Mélodie Sachs.

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