Rêves d’enfants

 

Hugo avait 4 ans lorsqu’il sut. Il sut qui il était et ce qu’il était destiné à devenir. Ce matin de septembre assis sur le ponton d’un petit port breton. Il regardait l’océan. En attendant son père qui finissait de travailler sur son bateau. Il regardait l’océan. Il regardait l’horizon. Et il l’entendait l’appeler. Mais qui prête réellement attention aux rêves d’un enfant de 4 ans ?

Peu de gens. C’est pour cette raison que beaucoup d’enfants finissent par les oublier. Ils grandissent avec les idées des adultes que les rêves d’enfants sont inutiles, irréels… Alors ils se laissent manipuler par les contes et plus tard par les films. Certains garçons se persuadent qu’ils rêvent d’argent et de gloire, certaines filles se persuadent qu’elles rêvent d’une maison, d’enfants et du Prince Charmant…

Mais demandez à un enfant de 4 ans, un enfant qu’on n’a pas réussi à empêcher de rêver, qui n’a pas encore oublié, un enfant dont on n’a pas encore réussi à remplacer les rêves initiaux, quel est son rêve. Aucun ne vous répondra « gagner beaucoup d’argent », « avoir une maison » ou « trouver le Prince Charmant ». Il vous répondra « être astronaute », « avoir une tortue », « être gardien de phare », « rencontrer le lapin de Pâques », « être chanteur », « sauver les animaux », « aller dans la maison du Père Noël »… Les plus petits ont les rêves les plus grands. Ils ne se limitent pas, n’imitent pas leur voisin, ne veulent pas de grandes choses pour avoir de grandes choses, parfois les plus petites sont les plus grandes pour eux. Ils veulent ce qui leur donne une étincelle dan les yeux.

Regardez les yeux d’un enfant qui parle de ses rêves. Quand avez-vous eu cette étincelle pour la dernière fois ?

Ne serait-il pas temps de la retrouver ? Ne serait-il pas temps de faire ce pour quoi vous êtes là ? Ce pour quoi vous êtes faits ? De vivre vos rêves, aussi petits ou grands soient-ils, plutôt que de vivre ceux des autres, de faire comme votre voisin ou de faire ce que la société attend de vous ?

A dix-huit ans, Hugo voulait arrêter l’école et passer sa vie sur un bateau.

Ses parents ont tout fait pour l’en dissuader. Il devait faire des études. Il devait avoir une bonne place.

Mais qu’est-ce qu’une bonne place ? N’est-ce pas tout simplement celle où l’on se sent à SA place ? Celle qui nous donne le sourire le matin en nous réveillant ?

L’argent, la position sociale, le regard des autres peuvent-il acheter cela ?

Hugo s’est laissé convaincre par ses parents. Il s’est inscrit en faculté de médecine, il a pris un bel appartement dans une grande ville. Ses parents étaient ravis de payer un loyer exorbitant et de dire à tout le monde que leur fils faisait médecine.

Hugo avait tout. Un bel appartement, de l’argent grâce à l’emploi à mi-temps que son oncle lui avait trouvé dans la banque dans laquelle il travaillait, un beau costume, une belle voiture. Les gens avaient un regard admiratif quand il leur disait qu’il était en faculté de médecine, il était respecté et envié.

Par tout le monde, sauf par lui-même.

Ses yeux s’étaient éteints petit-à-petit.

Il se levait difficilement le matin, il ne riait plus, il n’avait plus envie de rien. Il allait en cours par habitude, il étudiait mais sans passion, sans conviction, juste le minimum. Il était devenu comme tous ces morts-vivants qu’il croisait dans la rue.

Son cœur battait par réflexe, mais il ne vibrait plus.

Personne ne s’en était aperçu. Ni sa famille, ni ses amis, ni ses professeurs. Comment pousser quelqu’un à vivre quand on est mort soi-même depuis si longtemps qu’on ne se souvient plus de ce qu’est la vie ?

Un week-end, Hugo rentra voir ses parents dans leur petit village. Et machinalement, ses pas le menèrent au petit port où il avait passé tant d’heures de son enfance.

Il eu l’impression que quelque chose le frappait en plein visage, le sortant de la stupeur dans laquelle il était tombé.

Les odeurs, les sons, le bleu de l’océan, le blanc des bateaux…

Et là, devant un beau voilier, il y avait une jeune fille. Elle ne ressemblait en rien à toutes celles qu’il croisait tous les jours. Les cheveux décoiffés par le vent, un jean délavé et un t-shirt trop grand pour elle, le vernis à ongles écaillé, les yeux vers l’horizon… Elle était là mais bien trop loin pour remarquer Hugo. Elle dessinait. Elle rayonnait. Elle était à sa place.

Hugo s’approcha, le bruit de ses pas la sortit de son monde. Elle se retourna et lui fit le plus beau sourire qu’il n’ait jamais vu.

Hugo fut éblouit par ce rayon de soleil. Quelque chose se réveilla en lui. Son cœur vibrait pour la première fois depuis longtemps.

La jeune fille se remit à regarder à l’horizon. Hugo regarda dans la même direction.

Ils restèrent comme ça une minute, peut-être 10 ou 100… Le temps s’arrêta.

Hugo se souvint. Il se souvint de qui il était. De ce que son âme attendait de lui. De ce dont son cœur avait besoin. Il avait besoin de vivre !

Le lundi suivant, Hugo ne retourna pas à l’Université. Il ne remit pas son beau costume pour aller travailler. Il remit son vieux jean troué qu’il affectionnait tant, un t-shirt, des baskets, et il alla retrouver sa place qui l’attendait.

Hugo n’entendit pas les critiques, les peurs, les conseils de sa famille et de ses amis. Il n’entendit que sa voix intérieure. La seule qui SAVAIT. La seule qui n’était pas manipulée par la peur. La seule qui pouvait le mener vers ce qui était bon pour lui.

Aujourd’hui, Hugo rit tous les jours, ses yeux ont retrouvé l’étincelle de ses 4 ans, il est son propre patron, il est libre et heureux. Il gagne très bien sa vie parce qu’il vit avec passion et que la passion attire l’abondance. Son cœur est ouvert et il vibre de toute sa puissance.

Et à ses côtés, vivant ses propres rêves, Marina partage avec lui son étincelle et son sourire.

Les personnes qu’ils croisent ne peuvent s’empêcher de se retourner sur leur passage. Ils dégagent cette lumière, cette musique inaudible pour les oreilles mais que l’âme ne peut ignorer.

Ils dérangent certains, ils bousculent les morts par leur présence, ils leur rappellent que la vie existe et que tout est possible. Certains ont peur et détournent le regard pour rester dans le confort de la conformité. D’autres réalisent qu’ils ne peuvent plus se passer de la lumière qui vient de les éblouir et de les réveiller.

Et vous ? Vivez-vous ? Partagez-vous votre vie avec quelqu’un de vivant ?

Inondez-vous les autres de lumière ou vivez-vous dans l’ombre ?

Quel est votre choix aujourd’hui ? Prendrez-vous le risque de vivre ?

« Si les gens ne rient pas de vos rêves, vos rêves ne sont pas assez grands » Robin Sharma.

Mélodie Sachs.

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2 Comments

  • Mazzocchi Anne Marie

    Reply Reply 12 janvier 2016

    Bonjour Mélie, j’aime beaucoup ton article, qui incite tout un chacun, à prendre conscience de son individualité. À aller au profond de son Être, y trouver sa propre valeur . Puis essayer de se surpasser !
    am mazzocchi

    • Mélodie

      Reply Reply 26 janvier 2016

      Merci beaucoup 🙂 oui célébrer sa richesse intérieure, réaliser ses rêves, trouver le courage d’être soi-même et suivre son coeur c’est important et c’est ce qui donne de la joie à partager et une belle diversité au monde ^^

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