Quand la guerrière dépose les armes

Se battre, encore et toujours. Cela a été le quotidien de nombre d’entre nous pendant des années. Se battre pour vivre, se battre pour survivre, se battre pour protéger les gens que nous aimons, se battre pour avancer, se battre pour ne pas sombrer…

A force d’enchaîner combat après combat, nous en avons fait un art de vivre, y trouvant même parfois du plaisir, du réconfort.

Sortir les armes peut nous donner l’impression d’être puissante, d’être invulnérable. Cela nous rassure. Parce que tout au fond, nous savons bien qu’il n’en est rien. Mais maintenir cette illusion est salutaire, cela nous protège, impressionne ceux qui n’osent pas aller vérifier et nous évite certains dangers. Se battre devient un réflexe, une partie de notre personnalité. La guerrière est ancrée en nous et elle se réveille à chaque potentielle menace.

Et puis le monde change, notre environnement se transforme, les situations évoluent, les dangers se font moins grands ou la guerrière devient plus sage. Elle prend la place de conseillère, de chef des armées, elle donne les stratégies à suivre pour éviter la bataille. Peut-être parce qu’avec les années elle est devenue plus avisée. Ou alors plus fatiguée…

Elle pose ses armes à côté, mais jamais vraiment rangées.

Et par moments, lorsque le bruit de la bataille se fait entendre, elle se surprend encore à les saisir et à avoir l’élan d’aller affronter qui ose la défier ou s’en prendre à ceux à qui elle a juré protection et loyauté.

La guerrière se met en veille mais ne prend jamais réellement de repos. Toujours à l’affût, elle attend seulement plus patiemment qu’arrive la prochaine bataille, comme une injection d’adrénaline à laquelle elle est presque devenue accro. Parce que se battre est sa seule nature, elle ne sait plus quoi faire de cette énergie qui vient la submerger. Elle la canalise, en sachant qu’un jour elle devra l’utiliser.

Et puis un matin, un guerrier frappe à sa porte.

Non pas pour lui proposer de s’allier et d’aller au combat, ni même la défier, comme elle s’y attendait, mais simplement pour l’aider à ranger définitivement ses armes. Car c’est un guerrier pacifique, qui lui apprend que tout ça c’est démodé. Que la vraie bataille est intérieure, et qu’on ne la gagne qu’avec amour.

La guerrière a l’impression d’être dépossédée de ce qu’elle est, qu’il tente de la changer.

Jusqu’au moment où elle se rend compte que pendant toutes ses années elle s’est seulement battue avec les armes qu’on lui avait donné et que cela n’avait absolument rien à voir avec qui elle était.

Le guerrier pacifique l’aide à se retrouver, à se sentir en sécurité, en accord avec sa véritable nature, avec juste de l’amour à donner.

guerrière

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