Douce folie

Cheyenne était une jeune fille tout ce qu’il y avait de plus normal.

Ses longs cheveux noirs tressés descendaient jusqu’au creux de ses reins, elle passait ses journées pieds nus à danser parmi les herbes et les animaux, elle se soignait et se nourrissait des plantes qu’elle trouvait.

Elle aimait la nuit, elle aimait le jour, elle aimait le soleil et la pluie. Elle savait que tout est cycle, changement, recommencement… Elle vivait en harmonie avec tout ce qui l’entourait. Le vent, les pierres, les odeurs étaient ses amis et ses plus fidèles alliés.

Elle parlait avec ses ancêtres, elle comprenait la sagesse du monde et avait accès à tout le savoir qui avait existé, existait et existerait. Tout était évidence, harmonie et joie.

Un jour, un homme arriva dans son petit coin de paradis.

Cet homme lui dit qu’elle ne vivait pas comme il le fallait, qu’elle n’était pas normale, qu’elle devait mettre des chaussures, cesser de parler à la nature et à l’invisible.

Il voulu lui enlever son rire, fermer son cœur, l’obliger à vivre une autre vie, une vie d’esclave des pensées des autres.

Il voulu l’emmener dans sa folie en l’accusant d’être celle qui n’était pas saine d’esprit.

Voulait-il de la compagnie dans son malheur ? Avait-il été réellement contaminé par la folie qu’il propageait et à laquelle il avait fini par croire ?

Cheyenne hésita…

Peut-être avait-il raison ? Peut-être se trompait-elle ? Et si la voie proposée par l’homme était celle qui convenait ?

Elle se retourna vers son monde, puis vers l’homme, et elle regarda en elle.

A ce moment, elle sut.

Elle embrassa l’homme, l’entoura de toute sa bienveillance, et repartit pieds nus, en dansant, légère comme le vent, sur son propre chemin.

Ce qui la décida ?

Elle avait vu le bonheur et la joie dans son propre cœur, et elle s’était demandé si l’homme était plus heureux qu’elle.

Ses yeux tristes lui avaient répondu que quel que soit le chemin de l’homme, il n’avait pas l’air de le rendre très heureux…

Peut-être avait-elle tort…

Mais elle préférait avoir tort et être heureuse.

L’homme ne comprit pas. Il la traita de folle, la regarda avec dédain et condescendance.

Et quelques années plus tard, épuisé, las de la vie, mort de l’intérieur, il repensa à cette jeune fille libre, insoumise, différente, dont la vie était ponctuée de rires et de joies.

Il retourna dans cet endroit qu’il avait voulu détruire pour le rendre (a)normal.

Et il vit tout ce qu’il n’avait pas vu ce jour-là. Il vit l’espoir. Il vit l’amour.

Il enleva ses chaussures et il devint fou. Fou de bonheur. Ou enfin sain d’esprit.

Depuis, des personnes viennent régulièrement pour essayer de détruire le paradis. Et beaucoup finissent par le rejoindre.

« Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ».

Il vaut mieux être pris pour fou et suivre son chemin, quel que soit l’avis des autres. Un jour ils vous rejoindront peut-être.

Le chemin qui est le bon pour vous n’est pas celui des autres, c’est celui qui vous met des étincelles dans les yeux et des papillons dans le cœur.

Mélodie Sachs.

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2 Comments

  • mazzocchi anne marie

    Reply Reply 27 janvier 2016

    Les chroniques de mélie sont une bouffée d’air pur et de fraîcheur.

    • Mélodie

      Reply Reply 29 janvier 2016

      Merci c’est très gentil ! Ça me touche beaucoup !

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